Ce guide contient une stratégie pour devenir propriétaire d’un logement économe et à votre goût, l’achat rénovation. Et vulgarise les grands enjeux du prêt immobilier.
Pour les primo-accédants, c’est un guide pour devenir propriétaire.
Pour les secondo-accédants, le guide vous permet de vous replonger dans certains points technique du prêt immobilier. Et vous y trouverez des détails et une méthode sur l’acquisition d’un logement DPE E, F, G qu’il faudra rénover.
Nous analysons comment structurer un plan de financement robuste, capable de convaincre des banques devenues prudentes, et comment optimiser chaque ligne de crédit pour minimiser le coût global de l’opération.
Nous sommes AchatRéno, courtier en prêt immobilier, spécialisé dans les projets d’acquisition avec travaux. Notre mission est de rendre l’accession à la propriété d’un logement sain et économe, facile et accessible à tous.
Introduction : le marché immobilier en 2026
Après une décennie de taux planchers suivis d’une période d’inflation brutale et de resserrement monétaire, le marché entre dans une phase de stabilisation.
Le marché est caractérisé par une différence de prix à l’achat entre les biens avec un DPE performant et les « passoires thermiques ». Pour les propriétaires comme les acquéreurs, cette donnée impose une vision globale intégrant la performance énergétique comme une composante indissociable de la valeur patrimoniale.
Le contexte de 2025 est singulier : d’un côté, les taux d’intérêt se sont stabilisés autour de 3,20 % à 3,50% à 25 ans, redonnant une visibilité aux emprunteurs après la volatilité des taux de 2023-2024. De l’autre, la réglementation environnementale (Loi Climat et Résilience) continue de transformer le parc immobilier, imposant des contraintes fortes sur les logements classés DPE E, F et G, tout en ouvrant des vannes de financement inédites pour leur rénovation.
C’est précisément à l’intersection de ces deux tendances que se trouve l’opportunité la plus stratégique : l’achat de biens décotés nécessitant des travaux, financé par un arsenal de prêts aidés ou de subventions publiques considérablement renforcé.
Ce rapport a pour vocation de décrypter les mécanismes financiers et réglementaires qui régissent l’achat immobilier en 2025. Il s’adresse aux primo-accédants déterminés à acquérir un premier logement, en naviguant à travers les méandres du Prêt à Taux Zéro (PTZ) réformé, de l’Éco-PTZ, et des dispositifs d’accession sociale.
Qualité d’un dossier d’emprunteur et cadrage budgétaire :
La première étape de tout projet immobilier en 2025 ne consiste pas à visiter des biens, mais à définir avec une précision chirurgicale son enveloppe financière.
Comprendre les règles et attente du monde bancaire c’est se donner les moyens de les optimiser.
0. Résumé : qu’est ce qu’un bon dossier emprunteur en 2026
Voici l’analyse d’un « dossier en béton » pour 2026, vu de la fenêtre d’un banquier. En 2026, les banques cherchent avant tout la sécurité de la valeur du bien (performance énergétique) et la maîtrise du budget (reste à vivre).
Voici les 3 piliers pour convaincre :
1. Le dossier « Classique » : Les fondamentaux de la solvabilité
Pour un prêt standard, la banque vérifie votre fiabilité financière. Le dossier idéal coche ces cases :
- La stabilité professionnelle : Le CDI (hors période d’essai), des revenus de CDD stable sur 3 ans, ou 3 ans de bilans pour les indépendants reste la norme.
- La gestion de compte irréprochable : Aucun découvert ni rejet de prélèvement sur les 3 derniers mois. C’est le premier filtre éliminatoire. Si possible, des virements d’épargne récurrents vers un livret.
- L’épargne de sécurité et l’apport personnel « intelligent » : En 2025-2026, l’épargne de sécurité doit valoir 3 à 6 mois de mensualité, et l’apport doit couvrir au moins les frais annexes (environ 10 % du montant d’acquisition pour payer les frais notariaux, d’agence, garantie bancaire et courtier).
- Le respect du taux d’effort : Vos mensualités (crédit + assurance + autres charges) ne doivent pas dépasser 35 % de vos revenus nets.
2. Le dossier « AchatRéno » : Prouver la maîtrise du chantier
Pour acheter une passoire thermique (DPE F ou G) ou un bien avec travaux, la banque ajoute une couche de contrôle technique. Elle doit être sûre que le bien ne perdra pas de valeur.
- La cohérence du projet : Il faut fournir un DPE projeté ou un audit énergétique montrant la sortie de l’état de passoire thermique (viser l’étiquette D ou C). Cela rassure la banque sur la liquidité future du bien.
- Des devis « crédibles » : Il faut présenter des devis fermes, idéalement d’artisans RGE (Reconnus Garants de l’Environnement). Ces devis valident le montant de l’enveloppe travaux incluse dans le prêt.
- Le financement des travaux : La banque préfère souvent financer les travaux par l’emprunt (pour garder votre épargne en sécurité).
- Un apport augmenté : selon la ville d’achat et l’étendue des travaux, il faudra probablement augmenter l’apport, pour que le montant du prêt par rapport à la valeur de revente du bien, reste cohérent.
3. Si on ne coche pas toutes les cases : La stratégie du courtier
Si votre dossier présente des faiblesses (stabilité de l’emploi, apport faible, taux d’endettement limite, part de travaux important), tout reste possible. Voici quelques choses à savoir :
- Faire appel à un courtier : Un bon courtier saura vous éclairer sur votre situation, et vous guider vers un financement possible. Le courtier ne fait pas de miracle mais connait parfaitement les critères bancaires et saura choisir les banques pertinentes et défendre votre projet. De plus, mises en concurrence par un courtier, les banques feront un effort pour présenter une proposition de prêt compétitive en coût global du prêt.
- Solliciter plusieurs banques : Chaque banque a son profil de client préféré, ses critères propres, ses offres commerciales. Il faut donc s’ouvrir à d’autres banques !
- Faire le tour des prêts aidés auxquels vous avez le droit, et les assembler : Assembler intelligemment le PTZ, l’éco PTZ, le prêt Action Logement (taux 1%) et le prêt principal pour réduire la mensualité globale.
- Changer de stratégie de projet : votre enveloppe d’emprunt est trop faible ? Et si vous achetiez un bien DPE F ou G, pour le rénover ?
1.1. Les Normes HCSF 2025 : L’Incontournable Taux d’Effort
Le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) impose aux établissements de crédit des normes juridiquement contraignantes, transformant ce qui était autrefois des recommandations en obligations strictes. En 2025, le cadre demeure figé sur deux piliers principaux, conçus pour prévenir le surendettement des ménages tout en assurant la stabilité du système financier.3
Le Taux d’Effort : La Barrière des 35 %
La règle d’or est le plafonnement du taux d’effort total sur les emprunteurs à 35 % des revenus nets de l’emprunteur.3 Ce ratio doit inclure non seulement la mensualité du crédit immobilier, mais également la cotisation d’assurance emprunteur.
- Mécanisme de Calcul : Le calcul s’effectue sur le revenu net avant impôt. Pour un couple gagnant 4 000 € nets mensuels, les charges maximale ne peut excéder 1 400 €.
- Revenus Pris en Compte : Les banques retiennent les revenus stables (CDI, fonctionnaires). Pour les primes variables, une moyenne sur 3 ans est généralement appliquée. Les revenus locatifs futurs (dans le cas d’un investissement mixte ou locatif) sont pondérés, souvent à 70 % ou 80 % 6, mais pour une résidence principale, ce sont les revenus d’activité qui priment.
- Charge Pris en Compte : Les banques retiennent toutes les charges de crédits en cours au moment du prêt immobilier, même les crédits consommation ou les LOA pour une voiture. Si vous conservez un loyer (dans le cas d’un premier projet locatif), celui ci sera aussi comptabilisé.
- 20% d’exception possible : Les banques peuvent déroger à la règle pour 20% de leurs dossiers trimestriellement. Cependant, ces dérogations, à considérer comme un effort de la part de la banque, sont attribués aux dossiers plus intéressants. Voir plus loin.
La Durée d’Amortissement : 25 ans
La durée maximale d’amortissement des prêts est fixée à 25 ans.3 A cela s’ajoute la durée d’un potentiel différé, notamment en cas de travaux.
Différé d’Amortissement : Ces deux années supplémentaires correspondent souvent à une période de différé d’amortissement (pendant les travaux), où l’emprunteur ne paie que les intérêts ou l’assurance, allégeant sa trésorerie pendant le chantier.
1.2. Les Marges de Dérogation Bancaire : Une Flexibilité Ciblée
Si la règle des 35 % est stricte, elle n’est pas absolue. Le HCSF autorise les banques à déroger à ces critères pour 20 % de leur production trimestrielle de crédits.5 Cette marge de manœuvre n’est pas distribuée au hasard ; elle est stratégiquement fléchée par le régulateur.
- Priorité à la Résidence Principale : Au moins 70 % de cette enveloppe de flexibilité doit être consacrée à l’acquisition de résidences principales.5
- Le Bonus Primo-Accédant : Au sein de cette enveloppe, une sous-quote-part de 30 % est spécifiquement réservée aux primo-accédants.5
- Implication Stratégique : Cela signifie qu’un jeune couple achetant sa première maison avec un dossier solide (épargne résiduelle, saut de charge maîtrisé) a de réelles chances d’obtenir un financement même avec un taux d’effort à 36 % ou 37 %. C’est un argument de négociation majeur : il faut savoir « vendre » son profil à la banque comme étant éligible à cette dérogation précieuse.
1.3. L’Environnement des Taux d’Intérêt en 2025
L’analyse des taux en ce début d’année 2025 révèle une stabilisation bienvenue. Après la flambée de 2023, les taux ont atteint un plateau et amorcent une légère décrue.
- Taux Moyens Constatés (Janvier 2025) :
- 20 ans : Autour de 3,25 % – 3,42 %.1
- 25 ans : Autour de 3,35 % – 3,51 %.1
- Analyse de Tendance : La baisse, bien que modeste par rapport à 2024, redonne du souffle. Sur un emprunt de 200 000 €, une baisse de 0,20 % représente une économie de plusieurs milliers d’euros sur le coût total du crédit.
- Taux d’Usure : Le taux d’usure (taux maximum légal tout compris) n’est plus le goulot d’étranglement qu’il était en 2023, sa mise à jour mensuelle ou trimestrielle ayant permis de fluidifier l’octroi de crédit.
1.4. L’Apport Personnel : Stratégies et Réalités
La question de l’apport personnel est centrale en 2026. Le mythe du financement à 110 % (prix du bien + frais de notaire + travaux financés par la banque) est révolu pour la quasi-totalité des dossiers.4
Est t’il possible d’acheter sans apport ?
Oui , il est encore possible d’acheter sans apport, en revanche il vous faudra à minima 8 000€ d’épargne de sécurité. Ceci étant dit voici nos observations :
- Seulement peu d’établissements bancaires sont ouvert à ces financements.
- L’acceptation de votre prêt dépend énormément de la zone dans laquelle vous habitez ;
- dans une zone de petite ville ou en campagne, de tels financements sont possible, à condition que le reste de votre dossier soit impeccable.
- dans une zone urbaine, vous êtes au milieu de dossiers d’emprunt qui « cochent » plus de cases, et la réalisation de 110% est quasiment impossible.
Le « Ticket d’Entrée » : 10 % d’Apport
La norme tacite exige un apport couvrant au moins les frais de notaire et les frais de garantie, soit environ 10 % du prix d’acquisition.8 Cela rassure la banque sur la capacité d’épargne du ménage et évite de financer des coûts « à fonds perdus » (les frais ne se récupèrent pas à la revente).
L’Épargne Résiduelle : Le Vrai Critère de Sécurité
Plus que le montant injecté, les banques scrutent l’épargne résiduelle, c’est-à-dire l’argent qu’il reste sur vos comptes après l’opération. Un emprunteur qui met tout son argent dans l’apport et se retrouve à zéro est jugé plus risqué qu’un emprunteur qui met moins d’apport mais conserve 10 000 € de précaution.
- Conseil AchatRéno : Gardez une épargne de sécurité (6 mois de mensualités) pour faire face aux imprévus de la vie ou du chantier. Les banques valorisent cette prudence de gestion.
Apport et Epargne pour un achat avec Travaux
Les critères d’apport et d’épargne, sont d’autant plus important dans un projet d’achat avec travaux.
L’épargne de sécurité est obligatoire, comptez à minima conserver 8 000€ d’épargne de sécurité pour un petit projet d’achat rénovation.
Idéalement, les banques aiment avoir un apport de 10% du montant emprunté. C’est à dire un apport qui couvre les frais d’acquisition, plus une marge.
Financer les Travaux : prêt immobilier ou autofinancement ?
Dans une logique de rénovation énergétique, il est souvent préférable de financer les travaux par l’emprunt (notamment via l’Éco-PTZ à 0 %) plutôt que par l’apport personnel.
- Raisonnement Financier : Pourquoi utiliser votre cash (qui peut rapporter 3 % sur un Livret A) pour payer des travaux que vous pourriez financer gratuitement via un Éco-PTZ? Utilisez votre apport pour les frais de notaire, et maximisez l’effet de levier de la dette aidée pour les travaux.
1.5. L’Assurance Emprunteur : Le Levier d’Optimisation (Loi Lemoine)
En règle générale, la banque qui délivre le prêt, va exiger en même temps que vous souscriviez à l’assurance emprunteur du groupe bancaire. Les assurances groupes, sont souvent plus chères que des assurances emprunteur que l’on peut trouver sur le marché. L’économie réalisable dépend de votre profil (âge et précédents médicaux), et de la banque qui délivre l’assurance car certaines sont très chères.
Depuis la loi Lemoine, l’assurance emprunteur peut être changée vers une assurance équivalente à tout moment. Pour les primo-accédants jeunes, c’est un gisement d’économies massif.
- Contrat Groupe vs Délégation : Les contrats groupes des banques mutualisent les risques et sont souvent plus chers pour les jeunes en bonne santé. La délégation d’assurance (contrat individuel externe) permet souvent de diviser la cotisation par deux ou trois.9
- Impact sur le Taux d’Effort : Une économie de 30 € par mois sur l’assurance permet d’emprunter environ 6 000 € de capital supplémentaire sur 25 ans sans augmenter son taux d’effort. C’est une variable d’ajustement puissante pour faire passer un dossier.
Prêts & Dispositifs : La Boîte à Outils du Financement
Pour construire votre plan de financement, il ne faut plus penser « un seul prêt », mais « empilement de dispositifs ». Voici les briques essentielles à assembler pour minimiser votre coût global.
2.1. Le meilleur Prêt Immobilier : plus qu’un taux d’emprunt
Qu’est ce qu’une bonne offre de prêt ? C’est une excellente question, et c’est bien moins simple que ce qu’on pense. La différence ne se fait plus uniquement sur le taux débiteur, mais sur les « à-côtés » qui peuvent faire varier le coût final de plusieurs milliers d’euros.
Voici les 5 piliers, au-delà du taux, pour évaluer la véritable qualité d’une offre de prêt :
1. Le taux débiteur : Comment obtenir concrètement des taux d’intérêts bas ?
Le taux débiteur, est le facteur majeur du coût de votre crédit, et est le sujet le plus connu des emprunteurs. Parfois même jusqu’à la déraison. Il faut d’abord comprendre que chaque banque propose des taux différents, à des profils différents, en fonction du temps.
Faire étudier le financement de son projet par plusieurs banques, est un moyen simple d’obtenir plusieurs propositions bancaires et de pouvoir choisir la meilleure. C’est une des missions du courtier en prêt immobilier.
Voici quelques conseils concrets pour profiter des meilleurs taux d’intérêt du marché :
Soigner votre dossier :
- fermez vos comptes en banque sans frais
- épargner régulièrement
- tenue de comptes irréprochables, supprimer tout dépense de type jeux / paris sportif…
Soyez à l’écoute du marché :
- être à l’affut des bonnes tendances des taux du marché
- être à l’affut des offres commerciales des banques
2. L’Assurance Emprunteur : Le levier de négociation n°2
C’est souvent la ligne qui coûte le plus cher après les intérêts. Un taux nominal attractif (ex: 3,30 %) associé à une assurance « groupe » de la banque coûteuse (ex: 0,34 %) reviendra souvent plus cher qu’un taux moyen (3,40 %) avec une assurance déléguée optimisée (0,10 %).
Une assurance de prêt couvre les imprévus de la vie, et n’est pas à prendre à la légère. Quotité de d’assurance, garanties , indemnisation forfaitaire ou indemnitaire, ainsi que les « petites lignes » qui peuvent coûtent cher : Franchise, Carence et Exclusions sont autant d’opportunités de vous mieux vous protéger au meilleur coût.
3. Le différé et les intérêts intercalaires :
Lorsque vous achetez un bien à rénover ou en VEFA (sur plan), vous ne pouvez pas habiter les lieux immédiatement, mais vous devez souvent payer votre loyer actuel tout en commençant à rembourser votre crédit. Pour éviter d’asphyxier votre budget, deux mécanismes entrent en jeu.
Les Intérêts Intercalaires : Payer ce que l’on consomme
Dans un projet avec travaux, la banque ne vous donne pas la somme totale d’un coup. Elle débloque les fonds au fur et à mesure, sur présentation des factures des artisans.
- Le principe : Tant que la totalité du prêt n’est pas débloquée, vous ne remboursez pas le capital. Vous payez uniquement des intérêts sur les sommes réellement versées aux artisans. Ce sont les « intérêts intercalaires ».
- Exemple : Vous avez un prêt travaux de 100 000 €. Si la banque a seulement débloqué 10 000 € pour l’acompte maçonnerie, vous ne payez des intérêts que sur ces 10 000 €, pas sur les 100 000 €. Votre mensualité augmente donc progressivement à chaque nouvelle facture payée.
Le Différé d’Amortissement : La franchise pour souffler
Pour alléger encore plus la charge mensuelle pendant le chantier, vous pouvez demander un différé d’amortissement (souvent appelé « franchise »). Cela permet de repousser le remboursement du capital à la fin des travaux (généralement limité à 24 ou 36 mois). Il existe deux types de différés :
- Le Différé Partiel (le plus courant) : Vous payez chaque mois l’assurance emprunteur + les intérêts sur les sommes débloquées. Le capital, lui, n’est pas remboursé.
- Le Différé Total (pour les budgets serrés) : Vous ne payez que l’assurance emprunteur. Vous ne payez ni capital, ni intérêts pendant les travaux.
- Attention : Les intérêts que vous ne payez pas ne disparaissent pas. Ils s’ajoutent au capital emprunté (on parle de capitalisation). Cela augmente le coût total du crédit, car vous finirez par payer des « intérêts sur les intérêts ».
Le conseil de l’expert : Privilégiez le différé partiel si vous le pouvez. Le différé total est une solution de confort puissante pour la trésorerie, mais elle alourdit le coût final du projet. Utilisez-le uniquement si votre « reste à vivre » pendant les travaux l’impose.
4. La Garantie : Récupérer de l’argent à la fin
La garantie emprunteur est obligatoire pour emprunter. Toutes les garanties ne se valent pas.
- La Caution (type Crédit Logement) : C’est l’option à privilégier. Non seulement il n’y a pas de frais de mainlevée en cas de revente anticipée, mais une partie de la somme versée au départ (environ 70-75 % du fonds mutuel de garantie) vous est restituée à la fin du prêt. C’est de l’argent qui revient dans votre poche, ce qui baisse le coût réel du crédit.
- L’Hypothèque : Coûteuse à la mise en place et surtout coûteuse à la sortie (frais de mainlevée) si vous revendez le bien avant la fin du prêt.
5. La Souplesse : La « Modulabilité » des échéances
Un crédit dure 20 ou 25 ans ; votre vie va changer durant cette période. Un « bon » crédit est un crédit qui s’adapte.
- Clause de modulation : Vérifiez si le contrat permet d’augmenter ou de baisser vos mensualités (souvent de 10 % à 30 %). Augmenter sa mensualité suite à une hausse de salaire permet de réduire la durée du prêt et d’économiser massivement sur les intérêts.
- Clause de report/suspension : La possibilité de « mettre en pause » le crédit pendant 12 mois en cas de coup dur (chômage, accident) ou d’heureux événement est une sécurité inestimable.
6. Les Frais de « Sortie » : L’exonération des IRA
La durée de détention moyenne d’un bien est d’environ 7 à 10 ans. Il est donc très probable que vous remboursiez ce prêt par anticipation suite à une revente.
- La clause à exiger : L’exonération des Indemnités de Remboursement Anticipé (IRA). Sans cette clause, la banque peut vous facturer 6 mois d’intérêts (plafonnés à 3 % du capital restant dû) au moment de la vente. Négocier cette exonération dès le départ (sauf rachat par la concurrence) est une économie future quasi certaine.
7. La « Portabilité » ou Transférabilité (Le Graal)
C’est une clause rare mais puissante. Elle permet de conserver les conditions de taux de votre prêt actuel pour financer une nouvelle acquisition (si vous vendez votre maison A pour acheter une maison B). Si les taux remontent à 5 % dans 10 ans, avoir conservé votre taux de 2025 à 3,40 % vaudra de l’or.
En résumé :
Une offre à 3,45 % avec exonération des IRA, une caution Crédit Logement et une assurance déléguée bon marché est financièrement bien plus intéressante qu’une offre à 3,35 % rigide, hypothéquée et avec une assurance bancaire standard.
2.2 Les « Boosts » Bancaires : Les offres commerciales Jeunes et Primo-Accédants
Conscientes que les primo-accédants sont les clients rentables de demain, les banques se livrent une « bataille des taux réduits » via des lignes de prêts complémentaires à taux bonifiés, souvent appelées « Boosts ». Ces prêts font baisser le taux moyen d’emprunt de l’opération. Ces offres sont soumises à conditions d’âge, souvent moins de 36 ans.
Selon les banques ces offres vont jusqu’à 20 000€ ou 30 000€ empruntable avec un taux d’intérêt entre 0% et 1%.
2.2. Le prêt à taux 0% , PTZ :
Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) est un prêt aidé par l’État, sans intérêts et sans frais de dossier, destiné aux primo-accédants. En 2025, il couvre toutes les zones géographiques (A, B1, B2 et C) pour l’achat dans le neuf, mais est réservé aux zone (B2 et C) pour le PTZ dans l’ancien. Il est toujours accordé sous conditions de ressources et ne peut financer qu’une partie de l’achat (quotité).
- Avantage clé : il réduit le taux global du prêt, et allège la mensualité grâce à son taux à 0 % et son système de différé de remboursement (vous ne remboursez le capital d’emprunt à 0% qu’après 5, 10 ou 15 ans selon vos revenus).
- Nouveauté 2025 : Les plafonds de revenus ont été rehaussés pour inclure les classes moyennes, et la quotité maximale peut atteindre 50 % du projet pour les ménages les plus modestes (Tranche 1).
2.3. Le prêt à taux 0% dans l’ancien
C’est selon nous l’arme absolue pour l’accession à la propriété pour les acquéreurs avec des revenus modestes à intermédiaires. Nous rentrons en détail dans les conditions d’éligibilité du PTZ dans l’ancien et vous donnons un exemple concret où le PTZ débloque des opportunités d’achat.
Le PTZ dans l’ancien en bref :
- Le PTZ sert à financer en partie l’achat d’un logement ancien et la réalisation de travaux
- Montant maximum du PTZ en 2025 : 132 000€ à 0%, mais le montant est très dépendant de vos revenus fiscaux de référence et de la composition du ménage.
- Les conditions principales du PTZ sont :
- Acheter un logement ancien (maison ou appartement) en zone géographique B2 & C ou racheter un logement HLM.
- Etre primo accédant : terme trompeur, car toute personne locataire ou hébergée à titre gratuit depuis plus de 2 ans, est considéré comme « primo »
- Etre prêt à faire des travaux
- S’engager à conserver ce bien comme votre résidence principale pendant 6 ans, sauf cas exceptionnel.
- Les travaux nécessaires au déblocage du PTZ peuvent être :
- des travaux de rénovation énergétiques
- des travaux divers (électricité, plomberie, salle de bain, toiture…)
- peuvent être réalisés par des entreprises ou par vous même.
- Remboursement du PTZ : se remboursera en même temps que le remboursement de votre prêt immobilier classique, on dit que le prêt est lissé.
Simulateur montant de PTZ
Au dela de l’éligibilité, le calcul du montant exact du PTZ dépend de nombreux paramètres. Et l’intégration du PTZ dans le prêt immobilier principal est aussi important. Le plus simple pour cela est d’utiliser un simulateur de prêt spécialisé.
2.3. L’éco-PTZ (éco PTZ)
L’Éco-PTZ est le prêt booster énergétique sans condition de ressources. Il finance spécifiquement les travaux de rénovation énergétique. Contrairement au PTZ acquisition, il est accessible à tous, propriétaires occupants ou bailleurs, sans conditions de revenus, ni condition de zone. Vous pouvez consulter notre article complet sur l’éco-PTZ.
L’éco-PTZ en bref :
- Ce qu’il finance : uniquement des travaux de rénovation énergétique, réalisés par des entreprises RGE.
- Montant : Jusqu’à 50 000 € d’emprunt à 0% pour une rénovation globale performante.
- Durée : Remboursable sur 15 à 20 ans, ce qui permet des mensualités très faibles.
- Cumul : Il est parfaitement cumulable avec le PTZ acquisition et MaPrimeRénov’. Il sert souvent à financer le « reste à charge » après déduction des primes.
- Intégration dans le prêt initial : C’est un des choix à faire lors du prêt immobilier. Inclure l’éco-PTZ dans le prêt comporte des avantages et des inconvénients. Au delà de ça, chaque banque a sa particularité, et certaines sont forcées de l’inclure, ou de l’exclure.
2.4. Prêt travaux
Financer des travaux peut se faire via deux canaux distincts, avec des impacts très différents sur votre budget :
- Le Prêt Immobilier avec « Enveloppe Travaux » : C’est la solution recommandée par AchatRéno. Vous incluez le montant des devis dans votre prêt principal à l’achat.
- Avantage : Vous bénéficiez du taux immobilier (env. 3,35 % sur 25 ans) et de la même durée longue. Cela pèse peu sur le taux d’endettement.
- Contrainte : Nécessite des devis signés avant l’édition de l’offre et un déblocage sur factures.
- Le Prêt Travaux « Conso » (Prêt Personnel) : Pour les projets décidés après l’achat ou pour de petits montants (max 75 000 €).
- Inconvénient : Taux plus élevés (souvent > 5-6 %) et durées courtes (max 10 ans), ce qui alourdit fortement les mensualités.
2.5. Prêt relais
Le prêt relais, est destiné aux secundo-accédants. Il permet d’acheter un nouveau bien avant d’avoir vendu l’ancien. En 2025, c’est un outil mature mais qui exige de la prudence.
- Fonctionnement : La banque avance entre 60 % et 80 % de la valeur estimée de votre bien actuel. Vous avez 12 à 24 mois pour vendre.
- Coût 2025 : Les taux relais tournent autour de 4,10 %.
- Le « Relais Sec » : Si la vente de l’ancien bien couvre tout le nouvel achat. Vous ne payez que les intérêts mensuels (ou in fine).
- Le « Relais Adossé » : Si le nouveau bien est plus cher. Le relais est complété par un prêt immobilier classique amortissable immédiatement.
- Conseil Pro : Préférez un relais avec « franchise totale » (paiement des intérêts à la fin, au moment de la vente) pour éviter de cumuler mensualités de prêt et charges du logement en vente.
L’opportunité de l’Achat Rénovation : acheter un bien immobilier à rénover
Inclure des travaux dans un prêt immobilier est souvent un levier stratégique pour l’accession à la propriété en 2026. C’est même obligatoire si le logement est classé DPE F ou G, car de nombreuses banques refusent désormais de financer sans rénovation énergétique intégrée au plan de financement.
1. L’achat avec travaux : une bonne affaire ?
Acheter un bien à rénover peut être très avantageux : prix d’achat plus faible, marge de négociation, accès à des prêts à taux 0% (PTZ, éco-PTZ), aides à la rénovation énergétique, possibilité de créer un logement à son image, et forte valorisation après rénovation (meilleur DPE, plus-value à la revente).
La rentabilité dépend toutefois du trio : prix d’achat + coût des travaux + valeur après rénovation, ainsi que de votre profil fiscal et de la qualité des travaux.
2. Les avantages de l’achat avec travaux
Un prix d’achat plus bas
Les biens à rénover se vendent moins cher, souvent avec des frais de notaire et d’agence réduits. Le marché favorise actuellement les acheteurs : forte offre, faible demande, DPE F/G difficilement finançables.
Accès à des prêts très avantageux
En combinant PTZ + éco-PTZ + prêt immobilier, le taux moyen de l’emprunt peut descendre sous les 2 %.
L’éco-PTZ finance jusqu’à 50 000 € à 0 % ; le PTZ ancien permet une enveloppe jusqu’à 132 000 € en zones détendues.
Les aides à la rénovation énergétique
MaPrimeRénov’, CEE, aides locales… Mais attention : les aides sont versées après travaux et ne sont pas prises en compte par la banque dans le financement. Elles doivent être vues comme la cerise sur le gâteau.
La création de valeur et la plus-value
Un bien bien rénové (DPE A à C, modernisation, agencement…) prend fortement de la valeur. En résidence principale, la plus-value est exonérée.
Baisse des factures d’énergie
Isolation, chauffage performant, VMC… permettent souvent de descendre sous 1 000 € de factures/an pour une maison.
Personnalisation complète du logement
Travaux intérieurs, nouvelle cuisine, salle de bain, cloisonnement, modernisation…
3. Les inconvénients et risques à anticiper
Durée et contraintes du chantier
Les rénovations prennent du temps. Il faut parfois prévoir un logement temporaire ou un différé d’amortissement (plus coûteux).
Aléas de chantier
Retards, surcoûts, ruptures de stock…
Le choix des artisans est crucial (références, assurances, planification stricte).
Impact sur le taux d’endettement
Le montant travaux doit être intégré au crédit, ce qui augmente le capital emprunté. La banque vérifie la capacité d’endettement (max 35 % HCSF).
4. Les indispensables à vérifier avant d’acheter
Estimer le bien AVANT travaux
Comparer le prix « en l’état », ajouter le coût des travaux + marge imprévus, puis vérifier que le total reste cohérent avec le marché local.
Faire chiffrer les travaux par un professionnel
Maître d’œuvre recommandé.
Ordres de prix donnés (toiture, charpente, électricité, combles…).
Vérifier la faisabilité légale
Permis de construire, déclaration préalable, contraintes ABF, possibilité d’isolation par l’extérieur, modification des façades…
Anticiper les retards et surcoûts
Planification stricte, choix des artisans fiables, clauses de garantie.
Estimer la valeur APRÈS travaux
La banque peut demander une estimation post-travaux, surtout si les travaux représentent une forte part du projet.
5. Comment financer des travaux via un prêt immobilier ?
Travaux finançables par crédit immobilier
Travaux structurels, énergétiques, aménagements intérieurs, extensions… si clairement définis et chiffrés dans le dossier.
Part maximale de travaux finançables
- < 20 % du prix : pas de difficulté
- 20 à 50 % : dépend des banques
- 50 % : difficile mais possible en zones détendues
Les différents prêts mobilisables
- Prêt immobilier classique
- PTZ ancien (jusqu’à 132k€, primo-accédants)
- Éco-PTZ (jusqu’à 50k€)
- Prêt travaux Action Logement
6. Les aides à la rénovation
En 2025, le financement de la rénovation ne repose plus sur une aide unique, mais sur un écosystème conçu pour massifier les rénovations globales (« d’ampleur »). Voici les leviers pour réduire la facture.
1. MaPrimeRénov’ (Le Parcours Accompagné)
C’est le pilier central pour les gros travaux. En 2025, le dispositif privilégie le « Parcours Accompagné » pour les rénovations permettant un saut d’au moins 2 classes DPE (ex: de F à D).
- Le principe : Une subvention calculée en pourcentage du montant des travaux (HT), selon vos revenus.
- Le montant : Pour les ménages aux revenus très modestes, la prise en charge peut atteindre 80 % à 90 % des travaux (dans la limite d’un plafond de dépenses de 70 000 € pour les rénovations les plus performantes).
- La condition : Le recours obligatoire à Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR), un tiers de confiance qui valide l’audit énergétique et le plan de financement.
2. MaPrimeRénov’ « Par Geste » et Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE)
Aussi appelés « Primes Énergie », ils sont versés par les fournisseurs d’énergie (EDF, TotalEnergies, etc.).
- La subtilité 2025 : Dans le cadre d’une rénovation d’ampleur (« Parcours Accompagné »), les CEE sont souvent directement intégrés et valorisés dans le dossier MaPrimeRénov’ par l’Anah. Vous ne faites qu’un seul dossier, et l’aide globale inclut la part CEE.
- Pour les « petits » travaux : Si vous faites des travaux « geste par geste » (ex: changer juste la chaudière), vous pouvez demander les CEE séparément, mais attention, ils ne sont pas cumulables avec le Parcours Accompagné.
Constituer un Dossier « Rénovation » Irréprochable
Pour convaincre un banquier de financer une passoire thermique, l’improvisation est interdite. Le dossier doit prouver que le projet est maîtrisé techniquement et financièrement.17
Les Dispositifs d’Accession Sociale : BRS et PSLA
Pour les ménages aux revenus intermédiaires qui peinent à acheter dans le marché libre, notamment en zone tendue, des mécanismes innovants de dissociation foncier/bâti offrent une alternative crédible.
4.1. Le Bail Réel Solidaire (BRS) : Acheter les Murs, Louer le Sol
Le BRS est une révolution pour l’accession en zone tendue. Le principe est de dissocier la propriété du bâti (les murs) de celle du foncier (le terrain).27
- Mécanisme : L’acquéreur achète les murs à un prix décoté (-30 % à -50 % par rapport au marché) et verse une redevance mensuelle modique à un Organisme Foncier Solidaire (OFS) pour l’usage du terrain.
- Fiscalité Avantageuse :
- TVA réduite à 5,5 % (sur le neuf).
- Abattement sur la Taxe Foncière (souvent 30 % à 100 % selon les communes).29
- Revente Encadrée : La revente est possible, mais le prix est plafonné pour garantir que le bien reste accessible aux générations futures (caractère anti-spéculatif). Le bail est « rechargé » à chaque vente, offrant une sécurité à long terme.
4.2. Le Prêt Social Location-Accession (PSLA)
Le PSLA est un dispositif de location-vente sécurisé, idéal pour tester sa capacité de remboursement.27
- Phase 1 (Locative) : Le ménage occupe le logement neuf et verse une redevance composée d’une part locative et d’une part acquisitive (épargne).
- Phase 2 (Acquisitive) : Après une période (6 mois à 2 ans), le ménage lève l’option d’achat. L’épargne constituée sert d’apport.
- Avantages Fiscaux : TVA à 5,5 % et exonération de Taxe Foncière pendant 15 ans.
- Sécurité Totale : En cas d’accident de la vie (chômage, divorce), l’opérateur HLM a l’obligation de reloger le ménage et de racheter le bien à un prix garanti. C’est le filet de sécurité ultime pour un primo-accédant inquiet.
Conclusion : achetez dans l’ancien en 2026
L’année 2026 offre une fenêtre de tir intéressante pour les acquéreurs, qui n’ont pas peur de réaliser des travaux. Si les conditions de marché (taux, prix) restent exigeantes, l’alignement des dispositifs publics (PTZ dans l’ancien, Éco-PTZ, BRS), et l’impact du DPE sur le prix, créé un effet de levier sans précédent pour la rénovation énergétique.
Acquérir une passoire thermique aujourd’hui, c’est acheter un actif décoté pour le transformer en un patrimoine durable et valorisé.
La clé du succès réside dans la rigueur de la préparation : un plan de financement millimétré, une maîtrise des aides, et une gestion professionnelle du dossier bancaire sont les piliers de votre réussite immobilière.
Note : Les informations chiffrées (taux, plafonds) sont basées sur les données en vigueur en janvier 2026 et sont susceptibles d’évoluer selon les lois de finances et les politiques bancaires.


